Claude Monet à Venise

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Claude Monet à Venise

Message  Klod le Mar 6 Nov - 9:27

Claude Monet et sa femme Alice se rendent à l’automne 1908 à Venise. Ils acceptent ainsi l’invitation d’une riche anglaise, férue d’art, Marie Hunter. Ils y séjourneront du 30 septembre au 7 décembre. Venise inspirera au célèbre peintre une trentaine de toiles.

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Les toiles que Monet a peintes lors de son unique voyage à Venise sont parmi les plus connues et les plus populaires. Elles sont pourtant en nombre assez réduit : 37 toiles représentant une dizaine de sujets différents, pris à quelques centaines de mètres les uns des autres.

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"Bien que je sois enthousiasmé de Venise et que j'y aie commencé quelques toiles, je crains bien de ne pouvoir rapporter que des commencements qui seront uniquement des souvenirs pour moi", écrit-il au marchand d'art Gaston Bernheim le 25 octobre.

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Les Monet arrivent à Venise par le train, le 1er octobre 1908. "C'est trop beau pour être peint ! C'est inrendable !" s'écrie Monet, en admiration. Mais bien sûr, il relève le défi. Dès que son matériel lui est livré et que le temps le permet, le 9 octobre, le voilà à la tâche.

Après les avoir accueillis pendant quinze jours, Mary Hunter est obligée de quitter Venise. Les Monet s'installent alors au Grand Hôtel Britannia, car Monet a "commencé à peindre des merveilles" sous les yeux admiratifs de sa femme. Enthousiasmé par le temps splendide, chaque jour, il met en train de nouvelles toiles.

C'est grâce à Alice que nous connaissons les détails de ce séjour italien. Tous les jours, elle écrit à sa fille Germaine Salerou. Cette correspondance quotidienne a été publiée en 1986 par le petit-fils de Germaine Salerou (Philippe Piguet, "Monet et Venise", éd. Herscher - [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ).

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Dernière édition par Klod le Mar 6 Nov - 9:51, édité 1 fois

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Re: Claude Monet à Venise

Message  Klod le Mar 6 Nov - 9:34

Dans le blog, j'avais écrit, à propos de ce séjour de Claude Monet à Venise, un article à propos des quatre toiles représentant le palazzo Dario : Claude Monet peint la Ca’Dario

Ce palais est l’un des plus beaux du Grand Canal. Il est orné d’incrustations de marbres polychromes réalisés par des artistes venus de Lombardie. Malgré son amour des reflets dans l’eau, Monet ne pouvait pas le couper dès le premier étage comme il l’avait fait pour le palais Contarini. Il décide de laisser une part moins importante à l’eau et d’en représenter deux étages….
Il réalise ainsi une série de 4 peintures, faisant varier les lumières, les teintes et les formats mais en conservant à peu de choses près le même cadrage.

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Re: Claude Monet à Venise

Message  Klod le Mar 6 Nov - 9:42

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Gondole à Venise
Claude Monet
Musée des Beaux-Arts de Nantes

Le 3 décembre, Monet peint une dernière esquisse, une gondole. Le 7 décembre, c'est le retour, après deux mois de séjour dans la cité vénitienne. Ils ne devaient jamais revenir. La santé d'Alice se dégrade peu après leur retour. Elle meurt en 1911.

Monet mettra longtemps avant de finir en atelier les toiles de Venise. En effet, il attend novembre 1910 pour se décider à en retoucher un certain nombre. Mais il laisse en l'état la dernière, la gondole, qu'il offre à son ami Georges Clemenceau. Elle est aujourd'hui conservée au musée des Beaux-Arts de Nantes.

29 toiles sont exposées quatre ans après le voyage, en 1912, à la galerie Bernheim-Jeune à Paris.

Ce sont maintenant les marchands d’art qui attendent son bon vouloir : Durand-Ruel et Bernheim-Jeune sont en compétition pour avoir l’exclusivité de la série de Venise.

Le romancier et critique d’art Octave Mirbeau signe son texte d'introduction à l’exposition des vues de Venise par Claude Monet, ce dernier n’est plus un pauvre peintre inconnu. Au contraire, après des débuts difficiles, il a petit à petit acquis une notoriété et, après 1890, ses expositions sont le rendez-vous d’une certaine intelligentsia parisienne de la période fin-de-siècle.

Octave Mirbeau n’est alors plus obligé de soutenir une nouvelle fois son ami contre les foudres du bien pensant artistique. A cette époque, le temps est loin où les tenants de l’avant-garde, tant artistique que littéraire, devait se serrer les coudes pour affirmer leur place sur le devant de la scène. Non, en 1912, si Octave Mirbeau compose un texte de présentation pour l’exposition de son ami c’est certainement autant pour faire perdurer une sorte de tradition que pour allier de nouveau son nom à une cause qui lui paraît encore juste.

Mais n’y a-t-il pas d’autres raisons qui poussent l’auteur à imposer sa plume ?
Malgré son âge avancé (il a 72 ans), Claude Monet n’est pas un peintre qui s’est endormi sur ses lauriers. Il ne se contente pas de poursuivre gentiment sa carrière en peignant des sujets qui ont fait sa gloire, comme un bon nombre de ses collègues. Pour lui la peinture est toujours un combat, un combat pour son idéal artistique. En effet, on aurait pu croire qu’en se libérant des carcans de l’Académie, les peintres impressionnistes en général et Monet en particulier, ont pu créer enfin librement en découvrant et en approfondissant chacun une technique picturale propre. Il n’en est rien. Devant le motif comme par la suite dans l’atelier, le peintre a toujours à trouver le meilleur compromis entre ce qu’il a devant les yeux et ce qu’il veut, voire ce qu’il peut, représenter sur sa toile.

A l’ouverture de l’exposition de 1912, c’est donc naturellement Octave Mirbeau qui signe le texte introductif ; pour soutenir son vieil ami et l’encourager non plus contre d’hypothétiques ennemis extérieurs mais contre lui-même et les coups de la nature. Il se fait alors dithyrambique. Ainsi, selon lui, Monet ne cherche pas, il trouve (pour paraphraser anachroniquement une sentence de Pablo Picasso). Mais aucun des deux n'est vraiment dupe. Monet sait qu'il ne sort pas vainqueur des défis qu'il se lance. Tout au plus, arrive-t-il à trouver un compromis entre ce qu'il veut représenter et ce qu'il représente en effet. C'est toujours le même combat pour arriver à un impossible idéal artistique. C'est pourquoi, dans son texte, l'auteur met en avant le courage de Claude Monet face à son motif. Un courage d'autant plus grand puisqu'il s’agit de Venise, la "ville nuptiale, où la bourgeoisie se conjugue". Et Octave Mirbeau s'y connaît en courage : il est lui-même gravement malade et n’a plus que quelques rares années à vivre.

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Re: Claude Monet à Venise

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